Perspectives économiques : Le FMI salue les performances du Niger en dépit d’un contexte difficile

COMMUNIQUE DE PRESSE DU FMI

Communiqué de presse n° 15/226
WASCHINGTON, le 18 mai 2015

Une mission du Fonds monétaire international (FMI) conduite par M. Cheikh Anta Gueye a séjourné à Niamey du 27 avril au 8 mai 2015 pour procéder à la sixième revue du programme économique et financier du Niger soutenu par la facilité élargie de crédit (FEC)1. L’accord au titre de la FEC en faveur du Niger a été approuvé le 16 mars 2012 (voir le Communiqué de presse 12/90). Les entretiens ont porté sur l’exécution du programme ainsi que sur l’évolution économique et financière en 2014 et pendant le premier trimestre 2015, les perspectives à moyen terme et les mesures qui sont nécessaires pour consolider la stabilité macroéconomique et favoriser une croissance solidaire.

À l’issue de la mission, M. Gueye a fait la déclaration suivante :

«Dans l’ensemble, les résultats macroéconomiques du Niger ont été satisfaisants. Malgré la détérioration de la situation sécuritaire dans la région, le produit intérieur brut (PIB) réel est passé de 4,6 % en 2013 à 6,9 % en 2014. La croissance économique s’est appuyée sur l’agriculture et les services. L’inflation moyenne est tombée à -0,9 % en 2014 sous l’effet en particulier de l’amélioration de l’approvisionnement en nourriture qui a été rendu possible en partie par le programme d’aide alimentaire de l’État et qui a contribué à freiner la hausse des prix alimentaires.

«Le montant faible des recettes recouvrées, les dépenses de sécurité imprévues et l’insuffisance de l’aide budgétaire extérieure sont autant de facteurs qui ont eu des effets négatifs sur la situation budgétaire; aussi la plupart des objectifs budgétaires du programme pour fin 2014 n’ont-ils pas été atteints.

«Cependant, les perspectives économiques pour 2015 et à moyen terme demeurent favorables. La croissance du PIB réel devrait descendre à 4,3 % en 2015, mais, d’après les projections, elle devrait s’établir à 7 % en moyenne de 2016 à 2018, grâce surtout à l’expansion du secteur des industries extractives et à l’augmentation desinvestissements publics. L’inflation devrait se maintenir en dessous de 2 %, c’est-à-dire bien en dessous du critère de convergence de 3 % de l’UEMOA. Les perspectives à moyen terme restent exposées à des risques intérieurs et extérieurs considérables, au nombre desquels figurent les retombées négatives des conflits régionaux et la vulnérabilité du pays aux catastrophes naturelles.

«Le manque à percevoir budgétaire en 2014 et la persistance de pressions économiques au début de 2015, notamment à cause de l’insécurité au niveau régional, compliquent l’exécution du budget en 2015. Le cadre budgétaire devra tenir compte des nouvelles priorités en ce qui concerne la sécurité et le développement des ressources humaines et en capital tout en améliorant l’efficacité des investissements publics et en préservant la viabilité budgétaire et extérieure.

«La mission tient à remercier les autorités de leur chaleureuse hospitalité et des entretiens francs et constructifs qu’elle a pu avoir avec elles.

«La mission a rencontré le Président de la République, le Premier Ministre, d’autres hauts fonctionnaires de l’État, des représentants du secteur privé et de la société civile ainsi que des partenaires de développement du Niger.»

1 La facilité élargie de crédit (FEC) est le principal outil dont dispose le FMI pour accorder une aide financière à moyen terme aux pays à faible revenu. Elle est caractérisée par des plafonds d’accès plus élevés, des conditions de financement plus concessionnelles, une plus grande souplesse dans la conception des programmes qu’elle appuie, et une conditionnalité à la fois plus simple et mieux ciblée. Un financement au titre de la FEC est assorti d’un taux d’intérêt nul, d’un différé d’amortissement de cinq ans et demi et d’une échéance finale de dix ans.

Département de la communication du FMI