«Je n’ai aucun regret d’avoir fait empocher à l’Etat nigérien 800 millions de FCFA sans avoir vendu un seul gramme d’uranium (…) et à travers des opérations de «trading» légales, régulières»…

Le ministre des Finances M. Massoudou Hassoumi, a animé samedi dernier une conférence de presse au cours de laquelle, il a apporté des clarifications concernant l’affaire de 200 milliards de FCFA ayant dominé la une de l’actualité sur certains médias nationaux cette semaine. Ainsi, le ministre a confié que notre pays a, au cours de l’année 2011 produit 4.000 tonnes d’uranium d’une part et d’autre part que le soit disant virement de 200 milliards n’a jamais été effectué comme le suggère le journal.

 

Selon le ministre, le Niger a bénéficié de 800 millions de FCFA dans le cadre d’une activité de  »trading ». Et l’argent a permis d’effectuer des dépenses publiques notamment l’acquisition des véhicules destinés à la Garde Présidentielle. Par la même circonstance le ministre des Finances a répondu à d’autres questions notamment celles relatives à l’affaire dite Africard, aux arriérés de salaires des agents de la Communauté Urbaine de Niamey.

A l’entame de ses propos le ministre des Finances Massoudou Hassoumi a d’abord rappelé que le journal Le Courrier a annoncé en grand titre dans une de ses parutions que « près de 200 milliards virés dans un compte bancaire à Dubaï ». Le journal suggère que la somme virée est le produit de la vente de 5.000 tonnes d’uranium nigérien qu’il aurait vendu de manière frauduleuse et que l’argent issue de la vente aurait été déposé dans un compte bancaire à Dubaï au moment où M. Massoudou Hassoumi était Directeur de Cabinet du Président de la République.

En réponse, le ministre est revenu dans son intervention sur le mécanisme de la vente de l’uranium à partir de la production du Niger. A cet effet, il a indiqué que les sociétés habilités à produire et vendre l’uranium nigérien sont la Somaïr et la Cominak. Et ces sociétés vendent leurs produits à deux (2) catégories de personnes morales notamment ses actionnaires étrangers et nationaux.

Chacun des actionnaires achète de l’uranium auprès de ces deux sociétés en fonction de sa participation conformément à leurs actions. C’est pourquoi le ministre des Finances a confié qu’il n’est pas possible d’avoir des achats et des ventes d’uranium de manière clandestine dans notre pays. « Toutes les opérations d’achat et de vente de l’uranium se font de façon transparente et connue de tous du fait que les activités uranifères sont contrôlées au niveau national et même par l’Agence International de l’Energie Atomique (AIEA) » a indiqué le ministre Massoudou.

Par ailleurs, les actionnaires acquièrent chaque année l’uranium au même prix Niger fixé par les sociétés en charge de la vente de ladite matière. Parlant de la production nigérienne, il a mentionné que la quantité produite chaque année est aussi connue par tous et répartie entre les actionnaires selon leurs actions.

Le ministre des Finances a rappelé que la production 2011 du Niger était d’environ 4.000 tonnes. « Selon la logique du journal en question, cela veut dire que la SOPAMIN a acheté les 4.000 tonnes et complété les milles tonnes ailleurs afin d’avoir les 5000 tonnes qu’il a vendu. Les autres actionnaires notamment la société française AREVA, les Japonais et les Espagnoles sont donc restés faire des achats cette année. Ce qui est impossible » explique M. Massoudou Hassoumi. Il a d’ailleurs demandé à ceux qui le veulent d’aller vérifier dans le livre de la SOPAMIN si ladite société a une fois vendu 5.000 tonnes d’uranium.

« Aucun gramme d’uranium n’a échappé à la chaine transparente et connue d’achat et de vente d’uranium dans notre pays » a martelé le ministre des Finances. En outre, il a souligné qu’à l’avènement des autorités actuelles au pouvoir en 2011, AREVA leur a notifié qu’ils ont l’habitude de faire du  »trading » sur le marché de l’uranium, sur le marché boursier.

Il a indiqué que le  »trading » est une activité régulière et AREVA a avoué avoir une filiale qui était à l’époque une société allemande. Cette société allemande était partenaire de la SOMAÏR et AREVA a fini par racheter la société. Selon le ministre, le Niger peut gagner quelque chose si la société arrive à avoir un gain ‘à travers le  »trading ». Il suffit seulement de mettre le nom de la SOPAMIN. C’est donc sur cette base, qui le ministre (alors Directeur de cabinet du président de la République) a appelé le directeur général de la SOPAMIN de l’époque M. Hama Amadou pour lui expliquer que le Niger va gagner 800 millions de FCFA à l’issue de cette opération.

Il a, à cet effet, précisé que la transaction a été faite et la somme de 800 millions a été virée dans le compte de la SOPAMIN. «C’est ce que le Niger a gagné dans cette transaction de  »trading » qui n’a rien à voir avec l’uranium du Niger. La SOPAMIN n’a rien fait sauf sa signature et le pouvoir donné à son directeur général » a-t-il relevé.
Le ministre des Finances a par la suite confié avoir instruit le directeur général de la SOPAMIN de verser cette somme au trésor public.

La somme qui a été versée au trésor public a été utilisée pour faire des dépenses publiques notamment l’acquisition des véhicules pour la Garde Présidentielle. « Dans le cadre de ce  »trading » l’argent a transité par une Banque arabe à Dubaï et les gens d’Africard ont vu et opposé ça à AREVA en disant qu’AREVA a des relations avec la SOPAMIN et voilà la preuve. C’est pour ça que cette affaire est sortie » a relevé M. Massoudou Hassoumi. Le ministre des Finances est par ailleurs revenu sur la question d’Africard qui est une société libanaise ayant obtenu le contrat de fabrication de passeport, qui n’a confectionné aucun et qui réclame le remboursement de la somme de 26 milliards de FCFA par l’Etat du Niger.

Le ministre des Finances a noté que la société n’est pas à son premier coup, elle a d’ores déjà escroqué d’autres pays. «Mais notre pays ne se laissera pas gruger comme d’autres » a-t-il clamé.

M. Massoudou Hassoumi a fustigé et condamné le comportement de certains citoyens nigériens qui soutiennent l’escroquerie organisée de cette société libanaise. « Je n’ai aucun regret d’avoir fait empocher à l’Etat nigérien 800 millions de FCFA sans avoir vendu un seul gramme d’uranium, sans avoir participé à quoi que ça soit et ce sont des opérations de  »trading » légales, régulières que AREVA fait. Tous les grands groupes miniers intervenant sur le marché des matières premières le font » a-t-il déclaré. Concernant l’affaire dite Africard, le ministre des Finances a rassuré que l’Etat du Niger ne payera rien, et notre pays sortira victorieux de la bataille juridique engagée dans cette affaire.

Par rapport aux arriérés des agents de la Communauté Urbaine de Niamey, le ministre a indiqué que c’est une question qui concerne la Communauté Urbaine de Niamey en tant que Collectivité Territoriale. Il a notifié que la Communauté Urbaine a toujours pris l’argent qu’elle dispose au niveau du Trésor. « Le maire sait les opérations qu’il fait avec d’autres banques non avec le Trésor. Si la Communauté urbaine a de l’argent au Trésor, il n’y a pas de raison que nous le bloquions surtout que nous connaissons la situation de ces travailleurs.

D’ailleurs elle paie ses fournisseurs. Nous n’avons rien à voir dans tout ça, nous payons la mairie ce qu’elle a et nous souhaitons que la mairie ait les conditions et la gestion qui lui permettent de payer ses travailleurs » a dit M. Massoudou Hassoumi.

 
Laouali Souleymane(onep)