Bientôt des drones américains en Afrique du Nord pour surveiller et frapper l’Etat islamique ?

Un drone Predator américain. Ici à Balad, en Irak, le 12 juin 2008. Source : REUTERS/U.S. Air Force photo by Senior Airman Julianne Showalter

Les Etats-Unis conduisent des discussions avec un certain nombre de pays d'Afrique du Nord sur la possibilité de localiser des drones sur une base dans le but de renforcer la surveillance de l'Etat islamique en Libye, rapporte dimanche le Wall Street Journal.
Selon le quotidien américain, les vols de drones donneraient aux agences de renseignements et services militaires américains des informations en temps réel
sur les activités de l'EI en Libye.

Une telle base près des zones d'implantation de l'EI en Libye aiderait les Etats-Unis à "combler les trous dans notre compréhension de ce qui se passe" dans la région, a déclaré un haut responsable de l'administration Obama au journal.

Selon le Wall Street Journal, ce genre de présence se ferait sans doute sur une base existante, sous le contrôle du pays hôte.

Pour l'instant, aucun pays d'Afrique du Nord n'a offert un accès à une de ses bases.
Les drones envoyés en mission à partir de la base pourraient également être utilisés pour des frappes aériennes contre des objectifs de l'EI en Libye, ont indiqué des responsables militaires au quotidien économique. La base pourrait aussi être un point de départ des missions des forces spéciales contre les djihadistes.

Se rapprocher des cibles

Jusqu'à présent, les Etats-Unis n'ont pris aucune action militaire contre les militants de l'Etat islamique en Libye. Une récente frappe des États-Unis a cependant visé un chef affilié à Al-Qaida.

Les États-Unis utilisent la base aéronavale de Sigonella, en Sicile, en Italie, pour certains vols de drones au-dessus de la Libye. Mais les opérations de surveillance de la base sont régulièrement annulées en raison de la couverture nuageuse fréquente sur la Méditerranée et d'autres obstacles liés aux conditions météorologiques.

L'armée américaine a également accès à des bases au Niger, à la fois à Agadez dans la région centrale du pays, et à l'extérieur de la capitale Niamey, qu'elle utilise principalement pour suivre les militants d'Al-Qaida au Mali. Mais les responsables affirment que ces bases sont trop loin de la Libye pour être utiles pour des opérations là-bas.

Les pays africains ont longtemps été réticents à accueillir des militaires américains sur leur sol, ce qui complique les efforts déployés par l'Africa Command de l'armée américaine, connu sous le nom d'Africom, pour établir des implantations permanentes sur le continent afin de recueillir des renseignements et projeter la puissance américaine dans cette vaste région.

L'Africom a lui-même son siège en Allemagne, en partie parce que les pays de la région sont si sensibles sur ce sujet.

Des responsables américains ont dit que toute base en Afrique du Nord utilisée par les Américains emploierait un nombre limité de personnel militaire ou de civils américains sur la base de rotation fréquente, en minimisant la nécessité d'une grande présence américaine.

Edouard Pflimlin avec Reuters