Au Niger, des girafes menacées ont été délocalisées dans le sud du pays

Des girafes d’une espèce rare vont être déplacées de 600 km, de la région de Kouré, dans le sud-ouest du Niger, où elles sont une attraction touristique, vers la réserve de Gadabédji, ont annoncé mercredi 21 novembre les autorités. « C’est pour mieux protéger cette espèce. Dans un premier temps, dix girafes – sept femelles et trois mâles – sont concernées par cette translocation vers Gadabédji », une immense réserve faunique située dans la région de Maradi (centre-sud), a indiqué Almoustapha Garba, ministre de l’environnement, lors d’un point de presse.

Il y a une vingtaine d’années, un petit troupeau de girafes peralta, une espèce qui a disparu du reste de la planète, fuyant braconniers et prédateurs, avait trouvé un havre de paix dans la brousse de Kouré, une zone au sud de Niamey. Sous la protection des populations et des ONG, ces grands mammifères, qui attiraient de nombreux touristes, se sont multipliés dans ce sanctuaire d’arbustes et de sols caillouteux. De 50 en 1996, les effectifs des girafes étaient estimés à 612 en 2017, d’après les chiffres du ministère de l’environnement.

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La délocalisation d’une partie des girafes vivant à Kouré est nécessaire du fait de la destruction progressive de leur habitat, engendrée par l’avancée galopante du désert et la conquête de nouvelles terres agricoles, mais aussi par la multiplication des accidents de la route. Les animaux traversaient régulièrement les axes de la région pour le plus grand plaisir des touristes, mais au grand dam de camions ou bus commerciaux.

« Abattues par des braconniers »

Cette perte de l’habitat pousse les girafes « à s’aventurer » à des centaines de kilomètres au-delà de leur zone habituelle, a indiqué à l’AFP Omer Dovi de l’Association de sauvegarde des girafes du Niger (ASGN). « Certaines girafes se sont aventurées jusqu’à la frontière du Mali où elles ont été abattues par des braconniers », précise-t-il.

L’opération, dont le coût n’a pas été précisé, est « menée de concert » avec les ONG Giraffe Conservation Foundation (GCF), le Sahara Conservation Fund (SCF) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

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Située aux portes du désert du Sahara, la réserve de Gadabédji abritait des girafes avant qu’elles n’en soient chassées par les braconniers et les sécheresses des années 1970, selon les services nigériens de l’environnement. « Des spécialistes vont évaluer » les nouvelles conditions de vie des girafes dans leur zone d’adoption, a assuré le ministre, qui a précisé que d’autres girafes les rejoindraient si l’expérience se déroule bien. Les girafes seront équipées de puces de détection une fois lâchées à Gadabédji.

Le Monde